07/08/2009

DES BOMBES UN PEU SPECIALES...

Retour en arrière, sept jours plus tôt…

Une matinée ordinaire, banale : la ville était animée par le flot des livraisons, par les gens qui s’affairent à leurs emplettes. Quoi  de plus normal. Puis, au fil des heures, elle s’était plongée dans un silence de plus en plus en plus présent. Un silence qui ressemblait à celui des dimanches pluvieux et gris d’automne où chacun reste cloîtré chez soi et où la circulation est quasi-inexistante. Comme si on écopait le centre de ses habitants et qu’on les  déversait à l’extérieur, autre part.

Vendredi soir, direction  les salles obscures, pas un chat ou presque,  nous étions à peine une dizaine à apprécier Josiane Balasko dans la peau de Renée : un rôle sur mesure, sans fard  dans le film « Le hérisson ». Comment dissimuler aux yeux de tous  que l’on est une esthète, avide et assoiffée de savoir. Un film qui aborde aussi  la souffrance engendrée par le mépris et le dédain. Le  livre dont il est inspiré comporte des passages où, j’avoue, honte à  moi m’être un peu perdue, égarée dans les méandres de l’Art.

Et samedi, les commérages allaient bon train car une bombe a éclaté  en plein jour et aux yeux de tous! Pas une bombe classique… Imaginez-vous une des rues des plus convenables de Brest : des gens comme il faut,  bien sous toutes les coutures,  un square où des femmes d’officiers promènent leurs enfants et papotent sur la dernière collection de gilet bleu marine et  des chemisiers cols Claudine, et planté, comme une verrue dans ce décor d’un monde parfait, un bar à hôtesses !  Des employées recrutées sur leur charme et leur physique de bombe, dévouées corps et à leur travail et où le don de soi est primordial. Certaines d’entre elles  allant même à faire des heures supplémentaires aux domiciles de leurs clients…que de zèle !

L’hémorragie brestoise s’est poursuivie dimanche : plus de 16 000 personnes devaient évacuer leurs logements. La ville est en chantier : on creuse, on fore et forcément le passé sourd de la terre. On trouve des obus, des bombes enfouies (mais pas les mêmes que celles du bar). Un passé qui semble lointain et proche à la fois. Et il y a un autre passé, une époque qui n’existe plus désormais que sur des cartes postales et des photos anciennes. Un  temps qui laisse libre cours à l’imagination… Des familles endimanchées  qui se promenaient le long des quais. Combien se hissaient sur la pointe des pieds,  clignaient des yeux face à l’horizon dentelé de mer et de ciel, en y cherchant  un point, un rocher ou un début de terre ?  Est-ce que certains prétendaient  que par temps clair et sans brume, à l’heure où le soleil est à son zénith, on pouvait distinguer l’Amérique ?  Je ne sais pas et je n’ai pas la réponse  mais la mer continue d’inspirer et de faire rêver.

10:45 Écrit par blogclarac dans 03c. Clara | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/07/2009

Bon anniversaire ma Clara Lala

Que tous tes voeux se réalisent...

Avec toute mon amitié et mon affection
à ma jumelle de coeur.

decoration

 

19:57 Écrit par Chris Maboulette dans 03c. Clara | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

25/01/2009

OUI, ALLO, C'EST POUR ???

Vendredi

Imaginez-vous, vous dormez du sommeil du juste, car vous aussi vous y avez le droit à cet état de justice, de grâce.


« Tintintrala Tintintrala Tintintrala Tintintrala Tintintrala »


Hein, qu’est ce que c’est ? Vous entrouvrez les yeux malgré tout pour vérifier l’heure 14h10, mais qui peut appeler ? Pas grave, vous vous dites, vous allez vous rendormir, vous êtes trop fatiguée…


Deux minutes plus tard :
« Tintintrala Tintintrala Tintintrala Tintintrala Tintintrala »


Alors, là, vous vous posez quelques questions même si vous êtes dans un état second. Vos neurones se mettent en route, pas longtemps mais suffisamment pour se poser une question. Tout le monde de votre entourage sait qu’on ne vous téléphone pas entre midi et 15h30, et pratiquement tout le monde respecte cet horaire (hormis quelquefois une de vos sœurs…). Si on vous téléphone avec insistance, votre conscience de mère se réveille, et vous pensez tout de suite que c’est l’école : l’une de vos fifilles doit être malade ou s’est cassé un bras ou une jambe ou des deux…. Pfouuu, en moins de deux, vous vous extirpez de votre cocon tout chaud, tout douillet, vous tenez à peine debout mais vous réussissez à saisir le combiné avant la dernière sonnerie.

-Oui, dites-vous d’une voix pâteuse.
-
Monsieur C. ?
-Non, c’est son épouse.


Vous éteignez le plus discrètement possible un bâillement digne d’un rugissement de lion.

-Bonjour, je me présente Christiane de ma société Jappellepourvendre. Je vous appelle…


Votre sang ne fait qu’un tour ! Vous n’êtes plus dans la torpeur qui suit le réveil, non, vous êtes ravivée, ressuscitée. Vous coupez la parole à la Christiane. D’ailleurs, vous vous demandez pourquoi elle vous fournit son prénom, vous n’avez pas élevé les vaches ensemble ou partagé des bonbons à la récréation quand vous étiez enfants.

-
Quoi ? Alors, vous allez dire à votre responsable de la plateforme téléphonique de mettre à jour ces fichiers ! Ca fait plus de 4 ans qu’il est précisé qu’on n’accepte pas le démarchage par téléphone !
-Mais, Madame C., c’est pour vous présenter un nouveau produit….



Stop ! Fin de la conversation, vous raccrochez sur le champ. Trop, c’est trop ! Que vous soyez obligée d’interrompre votre sieste nécessaire pour entendre Christiane, vous êtes en pétard, furax !

Depuis deux semaines, vous êtes harcelée, assaillie de coups de téléphone à n’importe quelle heure. On vous allèche, on vous fait saliver, miroiter des forfaits de portables et Internet, et ce pratiquement pour rien, … et des placements financiers qui vous rapportent du 200% sur trois mois!

Bigre, vous vous dîtes que votre banquier est un double zéro puisqu’il ne vous a jamais proposé un tel produit pour vos maigres économies.

Et dire, qu’aujourd’hui, c’est votre grand jour, vous vous devez d’être en forme, non pas que vous alliez recevoir une ou des personnalités importantes du monde politique ou de la jet-set. C’est Le jour de votre big sortie !

Ce soir, vous allez assister à un concert de votre chanteur préféré Miossec qui en plus sera accompagné par un autre grand de la musique Tiersen. Vous vous imaginez ?

Dès le matin, vous avez prévu votre emploi du temps : un peu de remise en forme, ensuite aller tranquillement au supermarché du coin acheter des pizzas pour le repas de vos fifilles qui elles ne vous accompagnent pas, et ensuite ne rien faire, se reposer.

Levée aux aurores, vous faites du tapis de marche avec bien entendu Miossec dans les oreilles.
Votre fifille aînée rentre, avec un papier à la main et de toute évidence, elle vous parle vu que ses lèvres bougent. Bon, vous n’entendez rien, alors, vous daignez juste enlever une oreillette pour ne pas perdre quand même toute la chanson.

-
Tu peux enlever tes écouteurs ?
-On ne croit plus en l’infini mais en l’éphémère !
Vous chantez…non, vous vous égosillez.

D’ailleurs, le chant vous est inconnu et se résume à des beuglements dans le meilleur des cas.Votre fifille a compris qu’il ne fallait pas vous déranger et qu’elle a oublié la règle. Vous n’êtes pas dupe, papier dans sa main signifie quelque chose à faire signer. Tant pis pour elle car vous nedéposez votre honorable graffitis de signature que le soir et ce jusqu’à une heure raisonnable. Passé ce délai, fifille aînée doit se débrouiller idem pour Petite fifille.

Sans aucun remord, vous remettez votre écouteur, fifille aînée va devoir aller voir son papa qui à cette heure ci doit encore dormir…

Vous vous éclatez la tête, vous vous fracassez l’esprit, les chansons vous envahissent, vous remplissent, vous inondent.

Mais, qu’est ce qui ce passe ce matin maintenant c’est Petite fifille qui arrive. Un vrai défilé !

Heureusement que vous n’en avez que deux dans votre tribu sinon il y en aurait pour la matinée entière….

-
Tu as bientôt fini ?
-Quand tes larme ont coulé….Réveille-toi, ne vois tu pas… je suis toujours là…


Petite fifille n’a pas attendu votre réponse, elle est partie ! Elle n’a pas dû apprécier votre joli son de voix.

Etape numéro 1 effectuée, vous passez à l’étape numéro 2.
Sous la pluie, courageusement, vous allez leur acheter de quoi manger.
Vous passez au moins dix bonnes minutes devant le rayon pizzas tellement il y en a. Vous optez pour une simple et pour une super garnie, entre les deux ca fera une moyenne !

Rentrée chez vous, vous êtes déjà éreintée par les deux premières étapes. Eh, enfin la troisième… se délasser, se détendre pour éviter le comble du malheur, une crise !

Vous repensez à votre dernier concert. C’est qu’il vout faut chercher loin dans votre mémoire. Euh, c’était quand exactement ? Ca vous revient, il y a à peu près 2 ans pour Aaron à Brest, et avant aussi vous aviez été au Zénith de Nantes, pour Muse... bien, assise, de l'espace. Et il y a eu le fameux concert où vous n’avez entendu que la première chanson et la moitié de la seconde !

Concert mémorable pour vous et votre mari !

Ben Harper à Brest, oh, c’était quand, 2002 ou 2003 bref, qu’importe.
Vous étiez bien entendu arrivés à l’avance car vous ne supportez d’être en retard. De nombreux jeunes étaient là eux aussi bien avant vous, le verre de bière et le chichon à la main. Pour le moment, vous respirez encore à peu près normalement.

Le chanteur se fait attendre, la salle se remplie de plus en plus de jeunes stones, les joints circulent en libre service. Vous commencez à ne pas vous sentir bien avec toute cette fumée… Avec une heure de retard, Ben Harper arrive enfin sur scène et vous êtes obligée de lever la tête pour le voir.

Et, vous, vous commencez à suffoquez, votre tête tourne…vous vous tournez vers votre mari et, zou, vous faîtes un malaise, vous tombez…

Quand vous ouvrez les yeux, votre mari est à côté de vous dans l’ambulance et vous avez une minerve autour du cou. Il vous raconte. Héroïquement, il vous a porté sur son épaule, bravant les stones, complètement stones, qui ne réagissaient pas à son passage. Il a dû les pousser, leur marcher sur les pieds pour atteindre le poste des secouristes sur le côté car vous étiez en plein milieu de la salle.

Encore shootée par toutes les vapeurs, vous dites à votre cher et tendre de retourner au concert tandis que l’on va vous emmener à l’hôpital. Comme vous avez très mal à la nuque et que vous ne pouvez pas bouger la tête, les pompiers ne veulent pas prendre de risque. Votre mari refuse mais vous insistez (vous devez vraiment avoir respiré beaucoup de fumée….)

-
Ca va aller, on a payé 90 euros nos places alors retourne au concert… ne t’en fais pas pour moi.

Votre mari refuse catégoriquement vu votre maladie. Et vous vous retrouvez à passer un scanner tandis que Ben Harper lui a continué son concert…

Depuis, vous prenez vos précautions, vous n’êtes plus qu’à deux mètres des pompiers ou des personnes de la Croix-Rouge…

14h30, maintenant, que vous réveillée à cause de Christiane, votre plan est remis en cause. Et m….. !

Vous vous remettez au lit mais le sommeil ne vient plus, vous vous relevez et vous vaquez à quelques tâches ménagères.

Il est 17h00, et vous ne tenez plus debout et surtout vous avez mal.
Vous retournez au lit, en disant à votre mari de vous réveiller une demi-heure avant l’heure du départ.

Trop de douleurs, vous ne dormez pas, vous avez gagné le jackpot mieux que l’Euro millions …une bonne vieille crise !

Pas question de rater le concert, vous prenez deux vitamines C, de la cortisone pour vous dopez, et deux tablettes de chocolat dans votre sac à main. Parce qu’en plus, vous n’avez rien dans le ventre…

Une fois au Quartz, vous êtes scotchée, vous oubliez tout, c’est tellement beau, magique. Vous voudriez que ça ne s’arrête pas… Allez, chante encore Miossec, pour moi !

A la sortie du concert, mais si vous êtes encore sous l’emprise de la musique, des paroles, la crise est là elle aussi.

Vous savez que les jours suivants vont être difficiles mais tant pis car vous êtes heureuse, vous débordez de bonheur, vous êtes sous l’emprise de ce que vous venez d’entendre et de voir, vous vous sentez toute légère …. Et ce sans chichon !

11:23 Écrit par blogclarac dans 03c. Clara | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

21/01/2009

UNE GIFLE POUR 2 MINUTES DE REVE...

Dimanche matin, j’ai accompagné Oliver et Marie à la piscine. Car, attention, moi, à la piscine, c’est un exploit, un jour mémorable du calendrier que l’on entoure de rouge !

Je l’avais promis à Marie, et je me devais de tenir ma parole car depuis la veille, elle ne cessait de me dire :
-Demain, maman, tu viens avec nous, n’oublie pas ?

Je ne risquais pas de l’oublier, à peine était –elle levée, qu’elle arborait un sourire jusqu’aux oreilles, tenant à la main son sac déjà prêt.

-
Bon, on y va ?
-Tu vas peut-être prendre un petit dej ?
-D’accord.


Mon enthousiasme était moindre, 4h00 de sommeil, et puis l’odeur du chlore, de la javel très peu pour moi. Mais bon… et puis, réflexion faite, quelques brasses ne pourront pas me faire de mal.

La piscine donne directement sur la mer avec ses bassins ludiques, son toboggan, …une piscine où l’on peut patauger, se mettre dans un petit bassin et rester là.
Il n’était que 10h30 et c’était déjà la foule ! Eh oui, le dimanche matin, c’est la sortie parents-enfant, les pros des longueurs, chrono au poignet ne sont pas là. On se montre comme on est, avec ses petits bourrelets, ses fesses plates, la peau flasque, … Personne n’est là pour juger. Pas de tribunal, pas de palmarès ou d’élections des beautés physiques ou des records. Tout ce petit monde est là pour s’amuser !

Et mince, au bout d’une demi- heure, l’eau ne me portait plus, au contraire, j’avais l’impression de devoir lutter contre des tonnes pour bouger. Toute cette pression oppressait, comprimait mes articulations.

J’abdique. Direction la voiture en attendant Olivier et Marie. Avachie sur mon siège, en pleine crise, la tête collée à la vitre, perdue dans la torpeur des douleurs, les yeux à demi-fermés, j’assistais aux arrivées, aux départs de tout ce flot.

Au même moment, côte à côte, il y avait trois petits garçons âgés entre 8 et 10ans qui regardaient, contemplaient la mer calme, les bateaux à quais.

-Pierre-Hugo, Corentin ! Les garçons on y va, sinon nous allons être en retard pour le déjeuner.

Pierre -Hugo et Corentin se sont retournés, n’ont pas bronché, n’ont pas sourcillé, et ont obéi à leur père. Tous deux droits comme des « i », bien habillés, ils n’ont rien dit, ils ont suivi docilement le pater familias sur le parking.

L’autre petit garçon était toujours là, je voyais bien qu’il rêvait, qu’il était heureux.

-Eh, tu te grouilles ?

Ses parents l’attendent. A peine sortis de la piscine, tous deux ont déjà allumé leur cigarette, ils sont pâles et maigres, ils marchent tête baissée… sur leur visage, pas la moindre expression de joie ou de gaieté d’avoir passé un bon moment de détente avec leur fils.
Le père se retourne :
-Mais P….., qu’est ce que tu fous ?

La mère attend, le père, lui,énervé va jusqu’à la rambarde et agrippe brusquement son fils par le bras pour le ramener.

Le petit garçon ne dit rien, il traîne des pieds pour pouvoir grappiller encore quelques minutes de cette vue. Il ne doit pas avancer assez vite pour son père qui tout d’un coup s’arrête et le gifle !

-On t’a dit quoi ? Hein ? Alors, tu te magnes ! C’est pas possible…

Oui, en effet, monsieur, ce n’est pas possible de gifler un enfant juste parce qu’il voulait encore rêver quelques minutes.

Pierre -Hugo, Corentin et ce petit garçon se sont croisés, là, par hasard, mais leurs vies, leurs chemins semblent être tracés, dessinés en parallèles. Auront-ils l’occasion de se rencontrer plus tard ?

J’ai continué à regarder le petit garçon, son regard était devenu tout triste, et il a baissé sa tête.

J’ai eu envie de sortir de la voiture, de lui dire que ce n’est pas que celà la vie ! Qu’il aura encore l’occasion de rêver, de voir d’autres choses, de rencontrer des gens qui voudront l’aider dans des tas de situations !
Mias, j’avais tellement mal que je ne pouvais même pas ouvrir la portière… Alors, je n’ai rien dit, comme les autres d’ailleurs qui étaient plus occupés à chercher leurs clés de voiture, ou à remettre un peu d’ordre dans leurs cheveux.

Une gifle pour deux ou trois minute de rêves, c’est cher payer. Comment peut-on être aussi méchant avec ses propres enfants ? Encore une belle facette de l’âme humaine…

10:36 Écrit par blogclarac dans 03c. Clara | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

13/01/2009

Un peu de lecture ... la suite de "Wonder-Woman a oublié son short"

Un jeudi de novembre 2002 qui s’annonçait comme les autres…

Ce midi là, Cathy mon amie avait trop de travail, alors je m’étais rendue seule à la salle de sport. On y allait une fois par semaine pour faire un peu de vélo, quelques exercices de musculation sur les machines, sauf qu’à notre niveau, on était bien loin des pros de la salle dont le moindre petit mouvement faisait apparaitre une montagne de muscles. Certains avaient le cou qui ressemblait à celui d’un taureau tellement leurs trapèzes étaient hyper-développés Et puis, il y avait les super nanas habillées sport-fashion et qui elles, contrairement à tout le monde, ne transpiraient pas ! Je n’ai jamais compris ce phénomène, c’est à croire que la nature ne les avait pas dotées de glandes de sudation. D’ailleurs, je me posais toujours la question de savoir ce qu’elles faisaient là tellement leur corps était parfait : minces, jambes fuselées, taille fine, fesse rebondies… pas le moindre bout de gras ou de cellulite à l’horizon !

Un peu de tapis de marche et ensuite une série d’addos et d'étirements sans être vraiment très motivée. Comme j’avais la réunion de service hebdomadaire à 14h00, je m’étais dépêchée de prendre ma douche, de me changer pour retourner au travail.

Je me rappelle qu’il faisait extrêmement doux pour la saison, que le ciel était bleu, et dégagé, un temps idéal pour aller se promener, marcher un peu au bord de la mer ou à la campagne.
En garant ma voiture, une douleur vive, soudaine était apparue, comme si les balanciers d’une horloge tapaient, martelaient mes tempes.

J’ai dû me cogner la tête en faisant mes abdos. Ça va passer, pas de quoi s’inquiéter. Au pire, j’irai prendre une aspirine.

La réunion venait juste de débuter et le tour de table avait commencé : avancement, problèmes rencontrés, suivi, …
J’essayais tant bien que mal de me concentrer, d’écouter mes collègues, de prendre des notes mais la douleur était de plus en plus vive. En quelques minutes, ma vision s’est brouillée
…Oh, mais qu’est ce qui m’arrive ?

-Excusez-moi, je ne me sens pas très bien.

Cathy me voyant tituber, s’était levée à son tour et m’avait accompagné jusqu’aux toilettes.

-Qu’est ce qu’il y a ? Tu veux que je t’emmène à l’infirmerie ? Tu n’as vraiment pas l’air bien.
-J’ai mal à la tête, je ne sais pas ce que j’ai. Je ne sens pas très bien. … Ecoute, je vais retourner à mon bureau, le temps que ça cesse et ensuite je vous rejoindrai.

Comme si ce mal allait passer, disparaitre comme par magie, aussi vite qu’il était venu.
Quelle idée idiote !
Bien au contraire, les douleurs pulsatiles allaient en crescendo, et leur rythme devenait de plus en plus rapide comme si elles semblaient suivre une musique endiablée.

A mon bureau, tout est allé très vite, trop vite… Je n’ai jamais pu regagner la réunion.

Le responsable de l’infirmerie, appelé par Cathy, avait pris la décision d’appeler les pompiers.
Et puis, je n’ai pas pu ravaler mes larmes, j’ai explosé en pleurs, tant j’avais mal.

Mais non, pas les pompiers, ils ont m’emmener à hôpital ! Non, laissez moi, je veux juste me reposer…
Je ne sais plus excatement combien de temps s’était écoulé avant que les pompiers arrivent, dix minutes peut-être maximum? Je ne pouvais plus penser, ni rien faire d’autre d’ailleurs.

Je me souviens de la sirène de l’ambulance qui tonitruait dans les rues et d’un pompier qui me parlait en permanence pour me maintenir éveillée. J’arrivais à peine à articuler quelques mots en guise de réponse, tout était si embrouillé, si flou…

A mon arrivée aux urgences, plein de blouses s’affairait autour de moi, une infirmière me piquait le bras pour y mettre une perfusion, tandis qu’une une autre prenait ma tension…

-Y a-t-il eu dans votre famille des maladies neurologiques ? Des ruptures d’anévrisme ? m’a demandé le médecin urgentiste
-Non …Si, mon cousin est décédé il y a 4 ans d’une rupture d’anévrisme.
-A quel âge ?
-Heu, 32 ans, je crois…pourquoi ?

C’est ce que j’ai ? S’il vous plaît, je ne veux pas mourir, pas à mon âge.

-On va vous faire passer un scanner, et essayez de vous calmer. Votre mari va bientôt arriver.

Se calmer ! J’ai 30 ans et aussi bien…. Je voudrais tellement qu’Olivier soit là pour me rassurer.
Pendant l’examen, j’ai juste prié, imploré les grands de là haut pour qu’ils me laissent encore vivre.
A la sortie du scanner, la radiologue était venue me voir, son sourire me laissait présager que je n’avais rien.

-Ce n’est rien de grave, vous avez une sinusite sphénoïdale, le médecin va vous expliquer.

J’étais perdue, mais surtout soulagée, je n’allais pas mourir.
Olivier était là dans le couloir, pâle comme un linge, j’ai réussi à lui sourire. Il m’a embrassé, et j’ai pu voir ses yeux embués de larmes. Alors qu’une infirmière et deux aides-soignantes m’installaient dans une chambre, je tentais de raconter à Olivier ce qui s’était passé.

Plus de peur que de mal ! On va me donner des médicaments et demain, je serai de retour sur pied.

Effets de la morphine ? J’étais dans un état secondaire, vaporeux et j’avais très envie de dormir malgré la douleur.
Le médecin nous a expliqué que cette forme de sinusite n’était pas fréquente et qu’une hospitalisation s’imposait.

-Si ce n’est qu’une sinusite, je peux aller travailler ? Ai-je osé dire
-Vous avez toujours mal malgré la morphine, et vous voulez aller travailler ! Les sphénoïdaux sont juste à côté du cerveau, et la membrane qui sépare votre cerveau de la poche de pus n’est que de 2 millimètre. Vous comprenez ? On va vous soigner et ensuite vous reprendrez votre travail. Vous êtes si indispensable ? m’a rétorqué le médecin.

Honteuse de mes propos, blessée dans mon amour propre, j’ai baissé la tête pour éviter le regard sévère du médecin. Olivier était de l’avis du médecin et lui demandait pourquoi la sinusite s’était déclenchée si brusquement.
Elle serait du probablement à un rhume passé inaperçu, et un petit choc à la tête avait déclenché les douleurs.

Pourvu que je sois sortie pour mercredi, sinon Olivier va devoir poser une demi-journée pour garder les filles. Et j’ai ma réunion de validation de projet….

Tandis que j’étais plus préoccupée par les jours à venir, j'étai loin, mais alors très loin de me douter que ce n’était que le début d’une galère, le déclin de ma vie si bien réglée qui commençait.

17:44 Écrit par blogclarac dans 03c. Clara | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

12/01/2009

MOI, GRAND CHEF !, MOI SEUl, SAVOIR

En Bretagne, nous avons cette chance inouïe d’avoir des korrigans, des personnages célèbres comme Merlin qui peuplent nos forêts, nos sous-bois, nos campagnes, nos chapelles …

Les empreintes celtes se mélangent à la religion, les noms des bourgs, des villages, des ruisseaux portent le souvenir, la mémoire et la trace des druides et des Saints.

Chaque lieu, chaque bourg a sa particularité avec ses calvaires, ses menhirs, ses dolmens. Combien ont frissonné, ont cru voir leur dernière heure arrivée en entendant le son strident de la charrette de l’Ankou tenant à sa main décharnée sa faux coupante ?

Notre terre est habitée, marquée à tout jamais par ces figures célèbres ou non, notre mer a englouti la ville d’Ys et sa princesse Dahut qui apparaît encore certain soirs aux pêcheurs sous l’apparence d’une belle sirène à la chevelure blonde.

Mais il existe une légende qui est bien réelle et qui a débuté il y a quelques années. Cette légende raconte qu’un médecin fort de son savoir a rassemblé nombre de ses confrères autour de lui. Lui et ses acolytes forment la tribu de la suprême connaissance médicale. Il règne sur son clan et sur ses acquis comme un roi, il a conquis nombres de personnes qui le vénèrent, qui l’idolâtrent et qui boivent chacune de ses paroles bénites. Tout le monde dans la tribu obéit au grand chef et personne ne s’aventure à le contredire même s’il a tort. Le grand chef a établi un pacte solennel qu’il faut approuver pour faire partie de sa confrérie.

Dans les contrées voisines, la tribu et son traité ne sont pas approuvés et sont décriés. Qu’importe, le grand chef continue, l’orgueil l’a rendu encore plus sûr, plus imbu de sa personne. Il est le seul à détenir cette vérité…

Les personnes, en toute humilité, qui veulent le consulter, doivent respecter un rite établi par le grand chef lui –même.

Quand la personne arrive, le grand chef et les membres de son clan sont assis. On le reconnait par sa position dominante dans le demi-cercle. Les médecins sont de part et d’autres à sa gauche et sa droite, le reste de la tribu est plus loin derrière.
Le novice debout doit baisser la tête à son arrivée et attendre que le grand chef lui adresse la parole pour enfin le regarder.

Il vient le voir car depuis des mois, il a très mal et il ne peut même plus travailler désormais.

-Moi, grand chef de la tribu, toi, venu me voir pour mon savoir.
-Oui.
-Toi, m’obéir ?
-Euh, ben, on va voir...
Des brouhahas de reproches s’élèvent de la tribu, qui est-il pour oser braver le grand chef ?
-Moi, seul sait ce que tu as et tu n’es pas malade! Moi, seul, sait ce qu’il faut faire pour chasser ces idées de ta tête !
-D’accord, OK.

Le grand chef s’est levé et s’adresse désormais à tout le monde :
-Moi, avoir voyagé loin, très loin, dans une contrée qui s’appelle les States. Et eux, d’accord avec moi !

La tribu ne peut que s’exclamer de joie, elle applaudit le grand chef !
Il s’approche du néophyte et lui dit :
-Toi, devoir accepter mon pacte.
-Et c’est quoi exactement ?
-Toi, d’abord pas malade !!
-Mais, les autres médecins me disent que je suis malade !
-Non, eux pas avoir raison, moi seul savoir !

Le reste de la tribu acquiesce de la tête, il n’y a que lui qui détient la connaissance, la seule et vraie vérité.

-Et si je ne suis pas malade, qu’est-ce que j’ai ?
-Toi, avoir mauvaises idées qui te hantent dans ta tête. Ces pensées mauvaises te font mal dans ton corps …
-Quoi ? Mais …
-Pas de mais avec le grand chef ! Toi, écouter mes ordres.
-Allez-y, je vous écoute …
-Toi, marcher, nager tous les jours longtemps, le temps de compter 45 fois jusqu’à 60.Ensuite, toi, devoir aller voir la guerrière psy !

Un des médecins se lève alors.

-Elle, te guérir ta tête, elle, te fixer des buts dans ta vie.
-Et … ? demande-t-il abasourdi.
- Non, toi, voir guerrier relax qui t’apprendra à te détendre.
-Ah ?
-Oui, toi, pas malade ! Toi, devoir travailler ! Ton mal n’existe pas ! Toi, prendre juste les potions que je te dirai et rien d’autre !
-Et le traitement que j’ai actuellement ?
-Toi, arrêter !

Le rituel est interrompu par une personne qui arrive en criant :
-Menteur ! Vous n’êtes qu’un menteur !

Aussitôt, deux membres de la tribu l’agrippent. Elle est furieuse et elle continue de parler :
-Vous dites n’importe quoi !!! Je vous ai cru, je vous ai écouté et j’ai fait ce que vous m’avez dit !

Le grand chef s’approche d’elle. Elle se débat, le défie du regard, et lui crache à la figure :
-Vous croyez tout savoir, mais vous ne savez rien ! Vous vous êtes plantés ! Non seulement, vous me disiez que tout était dans ma tête pendant plus de 10 ans. Vous m’avez dit de ne pas faire d’examen. J’ai bravé l’interdit ! On m’a fait une biopsie musculaire et j’ai une maladie neuro-musculaire qui détruit mes muscles!

Tandis que les membres de la tribu se mettent à parler tout bas entre eux, lui, reste stoïque, son visage ne laisse trahir aucune émotion. Il se retourne pendant quelques minutes, et s’adresse à son clan :
-Taisez-vous! Moi, grand chef !

La phratrie semble être divisée maintenant, certains commencent à douter du grand chef qui revient vers l’intruse :
-Toi, dire n’importe quoi car toi, pas bien dans ta tête !
-C’est faux et vous le savez ! Et vous, vous croyez ce qu’il vous dit ? Vous ne voyez donc pas qu’il ne croit qu’en lui-même !Est- ce que depuis que vous avez vu la psy, vous n’avez plus mal ?

La confusion règne dans le clan. Une femme se lève, tend la main en l’air et prend la parole :
-Moi, aussi, grand chef, je suis d’accord avec elle. J’ai vu d’autres médecins qui m’ont dit que ma maladie était bien réelle et pas dans ma tête comme vous, vous, le prétendez. Alors, je préfère partir.

D’autres se lèvent et la suivent, la division gagne toute la tribu hormis les médecins qui se sont approchés du grand chef comme pour le protéger. Le novice a profité du désordre général pour partir discrètement sur la pointe des pieds, il se dit que ce soi-disant grand spécialiste n’est peut-être pas aussi compétent que cela et qu’il vaut mieux regagner ses pénates…

Depuis ce jour, le grand chef continue à prodiguer son « savoir » auprès de ceux et celles qui veulent bien l’écouter. Il a perdu beaucoup de membres de sa tribu mais il publié son pacte afin d’en regagner de nouveaux. Certains de ses acolytes ont pris du recul et ne le côtoient guère plus mais pour le grand chef, ce n’est pas grave, … car lui seul a raison…

Clara
L’écriture est mon refuge, mon havre de paix. Elle me permet de me libérer, de m'exprimer sans contrainte, de livrer mes émotions sur les petites et grandes choses de la vie.

clara


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09/01/2009

LA DANSE TRIBALE DES FOURMIS

A mes yeux, il existe 2 variétés de fourmis : les gentilles et les méchantes. Contrairement à toute attente, les gentilles fourmis de la première catégorie sont celles qui se trouvent dans mon jardin. Eh oui, ces chères petites travailleuses profitent des pucerons qui prolifèrent sur les rosiers, ces derniers étant leur vache à lait pour ainsi dire.


Je me surprends toujours à observer les fourmis avec un regard d'enfant.


Non seulement, elles sont travailleuses, laborieuses mais en plus très organisées.


Si l'on met une brindille à travers leur chemin, ce n'est pas grave, elles contournent l'obstacle ou le franchissent. Rien ne les arrête !


Dans leurs ballets incessants de va et vient, elles se croisent, mais jamais de collision comme s'il existait une autoroute des fourmis...
Elles vont, elles viennent jusqu'au point d'entrée de la fourmilière.


Aussi minuscules et insignifiantes soient elles, je les admire pour leur travail.


Je les laisse, tant pis pour mes rosiers, car je sais que dès les coccinelles arriveront, les fourmis iront voir ailleurs...



La seconde catégorie : les méchantes fourmis sont celles qui sévissent au niveau de mon corps (si, si ....)


Elles ont établies 5 camps de base :
un au niveau de la bouche, le 2ème et le 3ème au niveau des orteils et enfin les deux autres à l'extrémité de mes doigts.
Elles possèdent une synchronisation incroyable !


Le camp n°1 donne toujours en premier l'ordre aux bataillons d'avancer et les autres camps font de même..
C'est alors qu'une armée de milliers de fourmis, en rang bien serrés commencent l'invasion de mon corps.


Tout d'abord, elles occupent ma bouche puis mon visage entier.


Une fois que les autres camps ont pris possession de mes pieds et des mains, elles continuent leur invasion occupant chaque cm2.
Imaginez-vous le picotement des millions de pattes sur votre peau, ça pique.


Si ce n'était que ça... mais ces fourmis non contentes de coloniser tout mon corps, portent des torches de feu comme dans les tribus ancestrales.
Et là, elles se mettent à danser, une danse sûrement tribale, touchant par petit à coup chaque nerf de leurs torches enflammées provoquant ainsi des décharges électriques.


Elles parcourent, tout en dansant, tout mon corps , et elles dansent longtemps, très longtemps, elle s'en donnent à coeur joie, jusqu'à épuisement.


Je dois les subir, je ne peux rien faire, je dois attendre ....
Une fois terminé leur rite, chaque camps camp rentre à sa base jusqu'au lendemain.


Voilà pourquoi je considère cette deuxième catégorie de fourmis comme méchante!

 

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