07/08/2009

DES BOMBES UN PEU SPECIALES...

Retour en arrière, sept jours plus tôt…

Une matinée ordinaire, banale : la ville était animée par le flot des livraisons, par les gens qui s’affairent à leurs emplettes. Quoi  de plus normal. Puis, au fil des heures, elle s’était plongée dans un silence de plus en plus en plus présent. Un silence qui ressemblait à celui des dimanches pluvieux et gris d’automne où chacun reste cloîtré chez soi et où la circulation est quasi-inexistante. Comme si on écopait le centre de ses habitants et qu’on les  déversait à l’extérieur, autre part.

Vendredi soir, direction  les salles obscures, pas un chat ou presque,  nous étions à peine une dizaine à apprécier Josiane Balasko dans la peau de Renée : un rôle sur mesure, sans fard  dans le film « Le hérisson ». Comment dissimuler aux yeux de tous  que l’on est une esthète, avide et assoiffée de savoir. Un film qui aborde aussi  la souffrance engendrée par le mépris et le dédain. Le  livre dont il est inspiré comporte des passages où, j’avoue, honte à  moi m’être un peu perdue, égarée dans les méandres de l’Art.

Et samedi, les commérages allaient bon train car une bombe a éclaté  en plein jour et aux yeux de tous! Pas une bombe classique… Imaginez-vous une des rues des plus convenables de Brest : des gens comme il faut,  bien sous toutes les coutures,  un square où des femmes d’officiers promènent leurs enfants et papotent sur la dernière collection de gilet bleu marine et  des chemisiers cols Claudine, et planté, comme une verrue dans ce décor d’un monde parfait, un bar à hôtesses !  Des employées recrutées sur leur charme et leur physique de bombe, dévouées corps et à leur travail et où le don de soi est primordial. Certaines d’entre elles  allant même à faire des heures supplémentaires aux domiciles de leurs clients…que de zèle !

L’hémorragie brestoise s’est poursuivie dimanche : plus de 16 000 personnes devaient évacuer leurs logements. La ville est en chantier : on creuse, on fore et forcément le passé sourd de la terre. On trouve des obus, des bombes enfouies (mais pas les mêmes que celles du bar). Un passé qui semble lointain et proche à la fois. Et il y a un autre passé, une époque qui n’existe plus désormais que sur des cartes postales et des photos anciennes. Un  temps qui laisse libre cours à l’imagination… Des familles endimanchées  qui se promenaient le long des quais. Combien se hissaient sur la pointe des pieds,  clignaient des yeux face à l’horizon dentelé de mer et de ciel, en y cherchant  un point, un rocher ou un début de terre ?  Est-ce que certains prétendaient  que par temps clair et sans brume, à l’heure où le soleil est à son zénith, on pouvait distinguer l’Amérique ?  Je ne sais pas et je n’ai pas la réponse  mais la mer continue d’inspirer et de faire rêver.

10:45 Écrit par blogclarac dans 03c. Clara | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.